Elle a changé des choses que je n’avais pas demandées

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Tu demandes une couleur de bouton. Elle change la couleur, et aussi l’espacement, et aussi le texte au-dessus qu’elle a trouvé « plus clair » comme ça. Tu ne t’en rends compte que trois jours plus tard, en cherchant pourquoi une page que tu aimais ne ressemble plus à ce qu’elle était.

Une IA prend l’initiative quand rien ne l’en empêche : elle croit rendre service en améliorant ce qu’elle croise. Demande-lui la liste de tout ce qu’elle a modifié après chaque tâche, et interdis explicitement les améliorations non demandées. Sans ça, tu découvres les changements des semaines plus tard.

Pourquoi elle prend des initiatives

Une IA qui code a été façonnée pour être utile. Quand elle traverse un texte maladroit, un espacement irrégulier ou une manière de faire qu’elle juge dépassée, elle voit un problème à régler — pas une chose qui ne la regarde pas.

Sans consigne contraire, améliorer au passage lui paraît être exactement le bon comportement. Elle ne cache rien : elle ne pense simplement pas à mentionner ce qui, de son point de vue, allait de soi.

Le résultat est le même dans tous les cas : tu découvres les changements longtemps après, quand tu ne peux plus les relier à une demande précise ni te souvenir de l’état d’avant.

Voir ce qu’elle a touché, avant de fermer

Une seule phrase, à la fin de chaque tâche :

« Liste tous les fichiers que tu as modifiés, et ce que tu as changé dans chacun. »

Trente secondes de lecture. C’est le meilleur rapport effort-résultat de toute la relation avec un outil qui code.

Et quand quelque chose te surprend dans la liste, demande-lui de désigner précisément l’écart entre ta demande et ce qu’elle a fait — et de le justifier.

Le « pourquoi » n’est pas de la politesse. Il révèle souvent une raison valable — un élément qui empêchait vraiment le reste de fonctionner — et parfois une simple préférence esthétique, qui elle n’a rien à faire là.

Ce que « revenir en arrière » ne rattrape pas

Les outils modernes gardent une trace de leurs modifications et proposent d’y revenir. C’est utile, et c’est incomplet — la documentation officielle liste elle-même les trous.

Ce qui passe par une commande système n’est pas suivi. Un fichier supprimé, déplacé ou copié de cette façon ne se restaure pas. C’est précisément la catégorie de changement la plus difficile à repérer et la plus coûteuse à perdre.

Ce qui vient d’un assistant lancé en arrière-plan ne l’est pas non plus dans la plupart des cas. Il faut un outil de versions pour le rattraper.

Les modifications faites hors de l’outil ne sont pas capturées, ni celles d’une autre session ouverte en parallèle sur le même projet.

Et l’historique disparaît au bout d’un mois. Autrement dit : cette fonction sert à annuler la bêtise d’il y a dix minutes, pas à protéger un projet dans la durée. Pour ça, il faut un vrai suivi de versions — la documentation le dit elle-même.

La consigne qui supprime le problème à la source

Trois règles dans le fichier que ton outil relit à chaque démarrage, chacune avec un rôle distinct.

Une qui borne le périmètre : rien au-delà de ce qui est demandé, et le reste se signale au lieu de se faire.

Une qui protège ce qui marche déjà contre l’envie de le rendre plus propre. C’est celle qui manque le plus souvent, et c’est elle qui évite de casser lundi ce qui fonctionnait vendredi.

Une qui rend le tout vérifiable : l’inventaire des modifications, à chaque fin de tâche. Sans elle, les deux premières reposent sur la confiance.

Ces trois-là figurent dans les dix règles d’or du kit gratuit, écrites comme des ordres qu’on peut contrôler plutôt que comme des intentions.

Le vrai coût, qui n’est pas celui qu’on croit

Une modification surprise se répare. Ce qui ne se répare pas, c’est ce qu’elle fait à ta manière de travailler : à partir du moment où tu ne sais plus si ton projet a bougé pendant que tu regardais ailleurs, tu relis tout, tu doutes de tout, et tu ralentis.

Le cadre ne sert pas à l’empêcher de mal faire. Il sert à ce que tu n’aies plus à surveiller.

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Questions fréquentes

Pourquoi elle fait ça alors que je n’ai rien demandé ?
Parce qu’elle a été conçue pour être utile, et qu’un texte maladroit ou un espacement irrégulier ressemble à un problème à régler. Sans consigne contraire, améliorer au passage lui paraît être le bon comportement.
La fonction « revenir en arrière » me protège, non ?
En partie seulement. Elle rattrape les modifications faites par les outils d’édition, mais pas celles passées par des commandes système — un fichier déplacé ou supprimé de cette manière ne se restaure pas. La documentation officielle le précise noir sur blanc.
Comment savoir ce qu’elle a touché exactement ?
Demande-le à la fin de chaque tâche : « liste tous les fichiers que tu as modifiés et ce que tu as changé dans chacun ». Trente secondes de lecture qui t’évitent de découvrir un changement trois semaines plus tard.

Sources

  1. Documentation Claude Code — points de restauration et leurs limites — consultée le
  2. Documentation Claude Code — fichier de consignes lu au démarrage — consultée le