Pourquoi mon IA oublie mes consignes à chaque fois

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Tu lui expliques ton projet. Elle comprend, elle travaille bien. Tu fermes la fenêtre. Le lendemain elle ne sait plus rien : ni ce que fait ton site, ni ce que tu lui avais interdit la veille. Tu recommences les mêmes explications tous les matins, et tu trouves ça épuisant.

Ton IA ne se souvient de rien d’une session à l’autre : chaque conversation démarre avec une mémoire vide. Elle ne retient que ce qui est écrit dans un fichier d’instructions qu’elle relit à chaque démarrage. Sans ce fichier, tu réexpliques ton projet tous les matins.

Ce n’est pas un bug, c’est la façon dont elle est faite

Tu lui as expliqué ton projet lundi. Mardi, elle repart de zéro. Tu recommences. Mercredi, pareil.

Ce n’est pas de la mauvaise volonté et ce n’est pas cassé. La documentation officielle le dit noir sur blanc : chaque session démarre avec une mémoire vierge. Ce que tu as tapé hier n’existe plus. Ce que tu tapes aujourd’hui disparaîtra ce soir.

Une IA de code travaille avec ce qu’elle a sous les yeux à l’instant présent. Cet espace de travail est grand, mais il se vide entièrement quand tu fermes.

Le seul truc qui survit à la fermeture

Il existe un mécanisme prévu pour ça : un fichier d’instructions posé dans ton projet, que l’IA lit automatiquement au démarrage.

Ce n’est pas une astuce de bricoleur. C’est la façon officielle de faire. Le fichier contient ce que tu répètes en boucle : ce que fait le projet, comment tu veux qu’on te parle, ce qui est interdit, ce qu’il ne faut jamais toucher.

Écrit une fois, lu à chaque fois.

La longueur compte plus qu’on ne croit

Le réflexe naturel, quand on découvre ce fichier, c’est d’y déverser tout ce qu’on sait. C’est une erreur.

La documentation officielle recommande de rester sous 200 lignes, et fixe un plafond de 40 000 caractères. La raison est simple : plus le fichier est long, plus il mange de la place dans l’espace de travail de l’IA, et moins elle le suit.

Un fichier court et précis est mieux respecté qu’un pavé exhaustif. C’est contre-intuitif, et c’est mesurable.

Ce qu’il faut mettre dedans

Trois choses, dans cet ordre :

Ce que fait le projet, en trois lignes. Pas une présentation commerciale, juste de quoi qu’elle sache où elle met les pieds.

Comment tu veux travailler. Est-ce qu’elle te fait un plan avant de modifier ? Est-ce qu’elle te demande avant de supprimer ? Est-ce qu’elle t’explique ou est-ce qu’elle exécute ?

Ce qui est interdit. C’est la partie que tout le monde saute et c’est la plus efficace. Une interdiction écrite noir sur blanc évite des heures de réparation.

Pourquoi « je te l’ai déjà dit » ne marche pas

C’est la phrase que tout le monde finit par taper, souvent en majuscules. Elle ne produit jamais l’effet attendu, et la raison n’a rien à voir avec la bonne volonté.

Dans une même conversation, l’outil a effectivement sous les yeux ce que tu as écrit plus haut. Le rappeler ne lui apprend donc rien de neuf — au mieux, ça remet la consigne en évidence pour la réponse suivante. Et à la fermeture, ce rappel disparaît avec le reste.

Dans une nouvelle conversation, c’est encore plus net : la phrase désigne quelque chose qui n’existe pas. Il n’y a pas de « déjà dit ». Il n’y a que ce qui est écrit dans un fichier, et ce que tu viens de taper.

D’où le réflexe qui change tout : la deuxième fois que tu tapes la même explication, ce n’est pas une répétition, c’est un signal. Cette phrase-là a sa place dans le fichier, pas dans la conversation.

Ce qui se passe quand la conversation se remplit

Il y a un second oubli, moins connu, qui frappe à l’intérieur d’une même conversation.

L’espace de travail de l’IA — sa fenêtre de contexte — a une taille finie. Tout ce que vous échangez s’y empile : tes messages, ses réponses, les fichiers ouverts, les fausses pistes. Tant qu’il reste de la place, tout est relu à chaque réponse. Quand ça déborde, le plus ancien sort en premier.

Ce que ça donne en pratique : une consigne donnée en début de séance peut cesser d’être suivie au bout de deux heures, sans message d’erreur, sans avertissement. Tu as l’impression qu’elle « n’écoute plus ». En réalité, ta consigne est sortie de son champ de vision.

Un fichier d’instructions ne souffre pas de ça, précisément parce qu’il est relu au démarrage plutôt que porté par la conversation.

Comment savoir si ça marche

Ferme tout. Rouvre. Demande-lui ce que fait ton projet.

Si elle répond juste sans que tu aies rien réexpliqué, le fichier est lu. Si elle redemande, il n’est pas au bon endroit ou il n’est pas lu, et c’est ça qu’il faut corriger avant toute autre chose.

Refais ce test après chaque changement de dossier ou de machine. C’est dix secondes, et c’est la seule preuve qui vaut : tant que tu ne l’as pas fait, tu supposes.

Même demande, deux réponses. Clique pour comparer.

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Questions fréquentes

Est-ce que je peux lui demander de se souvenir ?
Non, pas en le lui demandant dans la conversation. Elle acceptera poliment, puis oubliera à la fermeture. La seule mémoire fiable est un fichier écrit sur ton disque, qu’elle relit au démarrage.
Est-ce que je dois tout réécrire dans ce fichier ?
Non, et c’est même contre-productif. La documentation officielle recommande de rester sous 200 lignes. Un fichier trop long est moins bien suivi qu’un fichier court et précis.
Ça marche avec toutes les IA ?
Le principe est le même partout. Un fichier d’instructions est lu au démarrage, et seul son nom change d’un outil à l’autre.

Sources

  1. Documentation Claude Code — comment Claude se souvient de votre projet — consultée le
  2. Documentation Claude Code — la fenêtre de contexte — consultée le