Ton site vit chez Lovable : ce qui t’appartient
Ton site est en ligne, il te plaît, tout va bien. Puis tu te demandes ce qui arrive si la plateforme ferme, augmente ses prix ou suspend ton compte. Tu ne sais pas si tu peux récupérer ton travail, ni sous quelle forme, ni ce que tu perdrais en partant.
Le code produit t’appartient sur toutes les formules, y compris si tu arrêtes de payer, et il s’exporte. Ce qui demande vraiment ton attention, c’est le reste : l’adresse de ton site, tes données, et la façon dont tes visiteurs te trouvent. Ces trois-là ne s’exportent pas.
Commençons par la bonne nouvelle
Le sujet traîne beaucoup d’angoisse en ligne, alors autant établir les faits avant de nuancer.
Le code que Lovable produit t’appartient. L’éditeur l’écrit explicitement, et c’est vrai sur toutes les formules, y compris la gratuite. Ce n’est pas une faveur commerciale, c’est écrit dans sa documentation.
Mieux : ce code n’est pas un format maison. C’est du React et du TypeScript, les technologies standard du métier. N’importe quel développeur sait les lire, et n’importe quel hébergeur sait les servir.
Et la sortie est prévue : la synchronisation avec GitHub fonctionne dans les deux sens, et le projet complet se télécharge. La documentation présente d’ailleurs ces fonctions comme faites pour ça — sauvegarder, travailler ailleurs, déployer hors de Lovable.
Si tu es venu ici avec la peur d’être enfermé, tu peux la reposer.
Ce qui se passe vraiment si tu arrêtes de payer
C’est la question qui revient le plus, et la réponse documentée est plus douce que la rumeur.
Baisser de formule ou annuler ne déconnecte pas tes domaines et ne dépublie pas ton projet. Ce qui est en ligne reste en ligne.
La limite est ailleurs et il faut la connaître : connecter un nouveau domaine exige une formule payante. Autrement dit, ce qui est déjà branché continue, mais tu ne branches plus rien de neuf en gratuit.
Et si tu as acheté ton domaine par leur intermédiaire, il appartient à ton espace de travail, pas au projet. Il est facturé à part de l’abonnement, donc un changement de formule ne touche ni son enregistrement ni son renouvellement.
Le vrai inventaire, pièce par pièce
Maintenant qu’on a écarté la fausse inquiétude, voici celle qui mérite ton attention. Un site, ce n’est pas seulement du code. C’est cinq choses, et elles ne se déplacent pas de la même façon.
Le code. À toi, exportable, standard. Réglé.
L’adresse. C’est la pièce la plus importante et la plus négligée. Une adresse en .lovable.app ne t’appartient pas : elle appartient à la plateforme, et tout ce que tu construis dessus profite d’abord à la plateforme. Un nom de domaine à toi coûte une dizaine d’euros par an et c’est le seul élément qui te suit partout, quel que soit l’outil que tu utiliseras dans trois ans.
Les données. Tes inscrits, tes commandes, tes contenus. Elles ne vivent pas dans le code : elles vivent dans une base, souvent chez un service tiers branché à ton projet. Exporter le code ne les emporte pas. C’est une opération séparée, et c’est celle que les gens découvrent le jour du déménagement.
Les services branchés. Paiement, envoi d’emails, formulaires. Chacun a son propre compte, ses propres clés, sa propre facturation. Ils survivent au déménagement, mais il faut les rebrancher un par un.
Ce que tu as construit auprès des visiteurs. Ton référencement, tes liens entrants, les gens qui ont mis ta page en favori. Cette valeur-là est attachée à l’adresse, pas au code. Changer d’adresse la remet à zéro. Changer d’outil en gardant la même adresse ne la touche pas.
La question à se poser dès aujourd’hui
Elle est simple : est-ce que l’adresse de mon site m’appartient ?
Si oui, tu peux changer d’outil quand tu veux, et personne ne s’en apercevra — pas même Google. Ce que tu as accumulé reste.
Si non, ton déménagement futur ne sera pas un déménagement mais un recommencement. Le code partira avec toi, la notoriété restera derrière.
C’est pour cette raison que l’éditeur lui-même réserve son sous-domaine aux démos, aux essais et aux outils internes, et recommande un domaine à soi pour un projet destiné à durer. Ce n’est pas un argument commercial, c’est le fonctionnement du web.
Ce qu’il faut faire, et quand
Maintenant, si ton projet a un avenir : prends ton nom de domaine. C’est la dépense la plus rentable de tout le projet, et la seule qui perd de la valeur à être repoussée — parce que chaque mois passé sur une adresse partagée est un mois de notoriété construite pour quelqu’un d’autre.
Avant de brancher quoi que ce soit d’extérieur : ouvre les comptes à ton nom, pas via un raccourci de la plateforme. Un service branché à ton nom se rebranche ailleurs ; un service ouvert par procuration se renégocie.
Une fois par mois : vérifie que tu sais où sont tes données et comment les sortir. Pas besoin de le faire, il faut savoir le faire. C’est la même logique que savoir revenir en arrière quand un site casse : ce qui compte n’est pas d’avoir une sauvegarde, c’est de savoir la restaurer.