Combien coûte vraiment un site en 2026
Tu demandes un devis, on te répond trois mille euros. Tu cherches en ligne, on te promet un site gratuit en dix minutes. Entre les deux, rien. Tu ne sais pas ce qui est normal, ce qui se paie une fois, ce qui revient chaque mois, ni ce qu’on te facture en trop.
Un site vitrine fait soi-même coûte entre dix et quinze euros par an pour le nom de domaine, zéro pour l’hébergement dans la plupart des cas, et le reste dépend de deux choix : une adresse email professionnelle et un abonnement IA. Le poste le plus lourd reste le temps.
Pourquoi les chiffres qu’on trouve partout ne servent à rien
Cherche « combien coûte un site internet » et tu obtiendras des fourchettes allant de zéro à quinze mille euros. Les deux sont vraies, et aucune ne t’aide.
La raison est simple : ces chiffres mélangent deux choses qui n’ont rien à voir. Le coût des outils — ce que tu paies à des fournisseurs, tous les ans, pour que ton site existe. Et le coût du travail — ce que coûte quelqu’un qui conçoit, rédige et met en place.
Un devis d’agence est presque entièrement du travail. Un site fait soi-même est presque entièrement des outils. Comparer les deux montants revient à comparer le prix d’une voiture avec celui d’un plein.
Ce qui suit chiffre uniquement les outils, poste par poste, avec la source et la date de relevé. Le travail arrive à la fin.
Poste 1 — le nom de domaine : dix à quinze euros par an
C’est ton adresse, et c’est le seul poste réellement obligatoire.
Le prix dépend surtout de l’extension. Un .com ou un .fr se situe dans une dizaine d’euros par an chez un fournisseur qui ne prend pas de marge — certains registrars annoncent explicitement ne pas majorer le prix des domaines et facturer uniquement ce que réclament le registre et l’ICANN.
Deux pièges bien réels sur ce poste. La première année bradée à un ou deux euros, qui se renouvelle beaucoup plus cher : regarde toujours le prix de renouvellement, jamais celui d’accroche. Et les options ajoutées par défaut au panier, dont tu n’as généralement pas besoin.
C’est aussi le poste sur lequel il ne faut jamais économiser, pour une raison qui n’a rien à voir avec l’argent : c’est la seule pièce de ton site qui te suit partout.
Poste 2 — l’hébergement : zéro dans la plupart des cas
C’est le poste qui a le plus changé, et presque personne ne l’a intégré.
Pour un site vitrine — des pages, des images, des textes — plusieurs offres gratuites servent tes pages sans limite de requêtes. Ce n’est pas une version d’essai ni une offre de démarrage : c’est le fonctionnement normal, et la documentation d’au moins un de ces services précise que les requêtes vers des fichiers statiques sont gratuites et illimitées.
La gratuité s’arrête quand ton site se met à faire tourner des traitements : un formulaire qui enregistre en base, un espace client, un paiement. Là, des seuils apparaissent — de l’ordre de cent mille requêtes par jour chez le service cité, ce qu’un site débutant n’atteint jamais.
Autrement dit : tant que ton site montre, c’est gratuit. Quand il calcule, ça se discute.
Poste 3 — l’adresse email professionnelle : le choix qui se voit
Ce poste est facultatif, et c’est celui qui change le plus la perception de ton sérieux.
Écrire depuis [email protected] plutôt que depuis une adresse gratuite générique ne change rien techniquement, et change beaucoup pour la personne qui reçoit. Compte de l’ordre de huit euros par mois et par utilisateur chez les fournisseurs connus.
Il existe une solution intermédiaire que beaucoup ignorent : une redirection. Ton adresse à ton nom de domaine renvoie vers ta boîte habituelle, souvent gratuitement chez le registrar. Tu reçois à ton nom, tu réponds depuis ta boîte. Insuffisant à terme, largement suffisant pour démarrer.
Poste 4 — l’abonnement IA : autour de vingt dollars par mois
Si tu construis avec une IA, c’est ta ligne la plus élevée : autour de vingt dollars par mois pour les formules d’entrée payantes, chez les deux principaux fournisseurs, au moment où j’écris.
Deux remarques honnêtes. Cet abonnement n’est pas un coût de site, c’est un coût d’outil : il te sert aussi à autre chose, et il s’arrête quand le site est fini. Et la formule d’entrée suffit à la grande majorité des débutants — le palier supérieur n’ajoute pas de fonctions, seulement de la quantité, ce qui est détaillé dans quel abonnement choisir quand on ne code pas.
Poste 5 — celui que personne ne compte
Le temps.
Un site vitrine simple demande quelques soirées à quelqu’un qui découvre. Ce n’est pas une dépense, donc personne ne l’inscrit dans le budget — et c’est pourtant le poste le plus lourd des cinq, de très loin.
Il mérite d’être compté pour une raison pratique : c’est lui qui décide si faire soi-même est un bon calcul. Si tes soirées sont rares et que ton activité tourne déjà, payer quelqu’un peut être rationnel. Si tu démarres et que le temps est ce que tu as le plus, faire soi-même est imbattable — c’est ce que compare faire son site avec une IA ou passer par une agence.
Et ce temps ne se répartit pas uniformément : l’essentiel part dans les allers-retours, pas dans la construction.
Le total, honnêtement
Pour un site vitrine fait soi-même, sur un an :
Le strict minimum : le nom de domaine seul, une dizaine d’euros par an. Hébergement gratuit, pas d’email dédié, pas d’abonnement IA payant. C’est un vrai scénario, pas un scénario théorique.
Le cas courant : le domaine, une adresse email à ton nom, et un abonnement IA pendant les deux ou trois mois de construction. On est dans un ordre de grandeur de deux cents à trois cents euros la première année, puis nettement moins ensuite puisque l’abonnement IA s’arrête.
Ce qui fait exploser un budget, ce n’est jamais cette liste. C’est un besoin qui sort du site vitrine — paiement en ligne, espace client, catalogue — et qui amène ses propres frais mensuels. Le savoir avant de commencer évite la mauvaise surprise du troisième mois.
Ce qu’il faut vérifier avant de payer quoi que ce soit
Le prix de renouvellement, pas le prix d’appel. Sur le domaine comme sur l’hébergement, la première année ment souvent.
Ce qui se passe si tu arrêtes de payer. Un site qui disparaît et un site qui reste en ligne ne se valent pas.
Où sont tes données et comment les sortir. Ça ne coûte rien à vérifier au début, et ça coûte très cher à découvrir trop tard.
Les montants de cet article ont été relevés le 6 août 2026 à leurs sources officielles. Ils bougeront. La structure en cinq postes, elle, ne bougera pas.