Quelle IA pour créer un site quand on part de zéro
Tu pars de zéro et chaque article te recommande un outil différent. Les uns parlent de code, les autres de glisser-déposer, tous jurent que c’est le plus simple. Tu ne sais pas lequel convient à quelqu’un qui n’a jamais rien construit, et tu as peur de mal choisir dès le départ.
Toutes les IA généralistes savent produire un site correct aujourd’hui. Ce qui les départage n’est pas la puissance mais ce qu’il reste entre tes mains à la fin : le code, l’adresse, les données. Choisis d’abord la sortie, ensuite seulement l’entrée.
Pourquoi la question « laquelle est la meilleure » est piégée
C’est la première chose qu’on tape, et c’est la moins utile.
Toutes les IA généralistes sérieuses savent aujourd’hui produire un site correct à partir d’une description. La différence de qualité entre elles existe, elle se mesure sur des cas difficiles, et elle n’est pas ton facteur limitant quand tu débutes. Ton facteur limitant est ta capacité à décrire ce que tu veux.
Il y a une deuxième raison, plus dure : le classement change tous les trois mois. Choisir sur « laquelle est la plus forte » revient à choisir sur une donnée qui sera fausse avant que ton site soit fini.
Ce qui ne change pas, en revanche, c’est ce qu’il te reste entre les mains à la fin. C’est là-dessus qu’il faut décider.
Question 1 — est-ce que je repars avec mon site ?
C’est la question qui prime sur toutes les autres, et celle que personne ne pose au moment du choix.
Certains outils te rendent un dossier de fichiers standard, lisible par n’importe quel développeur et servable par n’importe quel hébergeur. D’autres te rendent une partie seulement : l’apparence oui, la mécanique non.
La documentation des éditeurs est le bon endroit pour vérifier, et elle est plus claire qu’on ne le croit — certains écrivent explicitement que le code produit t’appartient sur toutes les formules et se synchronise avec un espace de code extérieur. Le détail des trois portes de sortie est dans Lovable, Bolt ou Base44.
Pourquoi c’est la première question : parce que c’est la seule dont la réponse est irréversible. Tout le reste se change en cours de route.
Question 2 — est-ce que je construis, ou est-ce que je fais construire ?
Deux familles d’outils existent, et elles ne s’adressent pas au même moment.
Les outils spécialisés site web. Tu décris, une application apparaît dans le navigateur, l’hébergement est inclus, tu publies en un clic. Le premier écran arrive en quelques minutes. En contrepartie, ton projet naît à l’intérieur d’une plateforme.
Les IA généralistes. Elles écrivent les fichiers de ton site sur ta machine, comme le ferait quelqu’un que tu emploierais. Rien n’est inclus : tu choisis l’hébergement, tu publies toi-même. Plus long au démarrage, et ce que tu obtiens n’appartient à personne d’autre que toi.
Le bon critère n’est pas ton niveau technique — les deux marchent sans savoir coder. C’est ton horizon. Une démonstration à montrer la semaine prochaine appelle la première famille. Quelque chose qui doit tourner dans deux ans appelle la seconde.
Question 3 — combien de temps ai-je réellement ?
Question triviale en apparence, décisive en pratique.
Un outil spécialisé fait gagner les premières heures. Un outil généraliste fait gagner les derniers mois. Si tu as trois soirées en tout, le premier gagne largement. Si tu as trois mois, l’avantage s’inverse — et ce que tu auras appris te resservira, alors qu’un savoir-faire propre à une plateforme s’évapore avec elle.
Sur le budget, l’écart est plus faible qu’on ne l’imagine : les formules d’entrée se tiennent autour de vingt dollars par mois de part et d’autre, et l’hébergement d’un site vitrine est gratuit chez plusieurs fournisseurs. Le détail chiffré est dans combien coûte vraiment un site.
Question 4 — qu’est-ce que je fais quand ça ne marche pas ?
Celle-là ne figure jamais dans les comparatifs, et c’est pourtant là que se joue l’expérience réelle.
Tous ces outils partagent exactement les mêmes angles morts : ils oublient tes consignes d’une session à l’autre, modifient parfois ce que tu n’avais pas demandé, et annoncent « c’est fait » sans preuve.
Ces trois comportements ne dépendent pas de la marque. Changer d’outil ne les fera pas disparaître — tu les retrouveras dans la semaine. Ce qui les fait disparaître, c’est ce que tu poses autour : des consignes écrites qu’il relit au démarrage, et de quoi revenir en arrière.
La grille, en une minute
Tu veux voir quelque chose ce soir, et le projet n’a pas vocation à durer. Prends un outil spécialisé, publie sur son adresse, ne t’encombre pas. C’est un usage parfaitement légitime.
Tu construis quelque chose qui doit exister dans deux ans. Prends un domaine à toi dès le premier jour, quel que soit l’outil. C’est la décision qui compte le plus et elle coûte une dizaine d’euros.
Tu hésites entre deux outils qui te laissent partir avec ton code. Essaie-les tous les deux une soirée sur ton vrai projet. Les versions gratuites suffisent, et une soirée t’apprendra plus que n’importe quel comparatif — celui-ci compris.
Tu hésites entre un outil qui te laisse partir et un qui garde la moitié. Là, il n’y a pas d’hésitation à avoir tant que ton projet a un avenir.